La Toussaint est une fête catholique, ou orthodoxe célébrée le 1er novembre ou le 1er dimanche de juin en 2007, soit le 3 juin 2007 ( le même dimanche où l'on fète le prophète Élie dans le calendrier Apostolique Arménien et la Saint Trinité dans le calendrier catholique, au cours de laquelle sont honorés l'ensemble des saints reconnus par l'Église catholique romaine ou orthodoxe. Pour les catholiques, la Toussaint précède d'un jour la fête des Morts, dont la solennité a été officiellement fixée au 2 novembre deux siècles après la création de la Toussaint.
Dans plusieurs pays européens, comme la France, la Toussaint étant un jour férié, c'est ce jour-là que les gens ont pris l'habitude d'aller se recueillir dans les cimetières, et entretenir les tombes des défunts (évènement particulièrement bien représenté dans le tableau "La Toussaint" du peintre Émile Friant).
La Toussaint ne tire pas son origine des textes bibliques, comme la plupart des grandes fêtes liturgiques. Si le moment choisi pour la fêter apparaît lié au paganisme celtique, il convient de se garder des conclusions hâtives. Certes, au Ve siècle, les moines qui évangélisaient l'Irlande, la Grande-Bretagne et la Gaule se trouvèrent confrontés à la fête païenne du Samain,
au début du mois de novembre actuel, qui marquait le début de la moitié
sombre de l'année. Pendant les jours de Samain, le monde des morts
communiquait avec celui des vivants, entraînant ces derniers Ã
pratiquer des rituels à l'intention des défunts. Ces rituels étaient
profondément ancrés dans la civilisation rurale et perdurèrent bien
après la christianisation des populations. Mais puisque la fête fut
fixée à Rome entre le VI et IX e siècle, la proximité de la fête
celtique n'est qu'une coïncidence de calendrier, ne valant que pour les
rares chrétiens n'ayant pas oublié une date celtique plusieurs siècles
après la disparition de ses cultes. De plus, la fête chrétienne des
défunts du 2 novembre ne survint pas dans le monachisme irlandais issu
de Colomban, mais dans le monachisme bénédictin ancré à Cluny, et héritier d'une tradition latine.
Après la transformation du Panthéon de Rome en sanctuaire chrétien, le pape Boniface IV
le consacra à la Mère de Dieu et à tous les saints martyrs. Une « fête
de tous les martyrs » fut alors célébrée le 13 mai. Vers 830, le pape Grégoire IV transféra cette fête au 1er novembre, en l'étendant à « tous les saints ». Sur son conseil, l'empereur Louis le Pieuxcarolingien. Dédiée à Tous les Saints,
c'est-à -dire à l'ensemble des personnes que l'Église reconnaît dignes
d'un culte du fait de leur vie exemplaire et de leur proximité avec le
divin, elle ne doit pas être confondue avec le memento de tous les
défunts, fêté le lendemain, qui est un héritage des lectures
monastiques du « rouleau des défunts » : la mention des frères d'une
abbaye ou d'un ordre au jour anniversaire de leur décès. institua la fête de tous les saints sur tout le territoire de l'empire
Le sens chrétien du culte des défunts bénéficiait déjà d'une longue tradition remontant à l'antiquité chrétienne. Les pères de l'Église font ainsi mention d'un refrigerium, ou repas pris sur les tombes des frères chrétiens décédés.
Le premier exemple attesté d'une fête des Morts célébrée le 2 novembre est dû à Saint Odilon (v. 962-1048), abbé de Cluny (994-948), qui ordonna la célébration, à partir de 1031, dans tous les monastères de l'ordre clunisien, d'une « messe solennelle pour tous les morts qui dorment en Christ ».
Un cimetière à la Toussaint en Pologne
Cependant les fidèles de l'Église catholique ont été nombreux Ã
faire mémoire des morts le 1er novembre au lieu du 2, comme le témoigne
la tradition multi-séculaire de chandelles et bougies allumées dans les
cimetières et, depuis le XIXe siècle,
le fleurissement des tombes à la Toussaint. Cela provient du fait que
la Toussaint, contrairement au 2 novembre, est un jour férié qui
favorise les déplacements et le temps de recueillement sur le lieu où
sont enterrés les ancêtres.
Si la confusion entre les deux fêtes est fréquente, les anciens
rituels druidiques ont complètement disparu. Néanmoins la construction
de dizaines de lanternes des morts (pour certaines de véritables ouvrages de maçonnerie) dans diverses localités de France (principalement dans le Massif central et terres adjacentes, encore qu'on recense quelques lanternes par exemple en Bretagne) est vu par certains comme la survivance d'un culte aux ancêtres qui dépasse la simple signification chrétienne.